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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 21:56

DSCF8732--1600x1200-.JPGMarsal 

Musée

Départemental

du Sel

Joël Leick

"L'idéal et autres paradis" jusqu'au 04 septembre 2011 
Le Conseil Général de la Moselle présente une

exposition monographique de l'artiste Joël Leick

au Musée Départemental du Sel à Marsal jusqu'au

4 septembre prochain.

Elle s'intitule "Joël Leick - L'idéal et autres paradis"

et se compose de photographies, de monographies

et de livres d'artiste. Lao Tseu a dit : "Les choses ne

changent pas, change ta façon de les voir, cela suffit.

L’univers de Joël Leick est profondément ancré dans

cet adage : il propose en effet la transcription d’une

vie rêvée et pourtant existante, pour peu que l’on

sache ouvrir les yeux...

"L’Idéal et autres paradis" est une fusion entre la réalité

du souvenir et le souvenir du réel. L'artiste présente

ici une œuvre sobre, claire et précise dans sa plastique.

Le temps y a également fait son œuvre. L’artiste a su

prendre un recul nécessaire pour garder cette virginité,

ce vide, cette pureté d’un lieu ou d’un objet.

DSCF8766--1600x1200-.JPGOriginaire de Thionville, Joël Leick reste très attaché à

ses racines et à ce monde que l’on appelait "Far Est",

dont l’éloignement est aujourd’hui marqué par le

temps qui passe. Signes de l’enfance et codes de la

vie contemporaine se rapprochent alors pour créer

une esthétique.

La série "Greffes et greffons" en est un parfait exemple.

Ici se croisent les dérives de ces sciences qui veulent

faire de l’Homme l’Être suprême, celles de la

consommation et les jeux d’enfants ; ici, toute idée de

proportion et de réalisme est négligée au profit de

l’amusement et d’une douce poésie naïve...

DSCF8768--1600x1200-.JPGL’une des premières choses qui frappe le visiteur à

l'entrée de l'atelier de Joël Leick est une grande presse,

lourde, imposante, noire et à la roue crucifère.

Toute proche d’elle est accrochée entre deux fenêtres

une petite croix de bois, sombre et fragile.

"Le travail est dur et toute vie vulnérable", semble

vouloir dire ce diptyque. L’amour de Leick pour

"l’œuvre objet", sa matière, son rendu, son contenu,

son savoir et l’application qu’il y met donnent raison

à cette pensée.

DSCF8769--1600x1200-.JPGChaque création est une trace précieuse de notre société

et de ses détournements.  

Cet artiste prend le plus grand soin à choisir les matériaux

avec lesquels il travaille.

Ils sont déformés et embellis, tant par la cuvette pressée

sur les monotypes que par l’encre pigmentée au rendu

velouté incomparable.

Les sujets traités avec la plus grande sobriété respectent

l’intime car Leick en connaît les limites.

Maître dans la compréhension et l’interprétation des

signes -typographiques, gestuels, grammaticaux-, il crée

son propre langage, intellectualise son œuvre.

Il joue aux rapprochements.

L’utilisation de moyens modernes de réalisation -presse,

appareil photo, imprimante jet d’encre, tampons- montre

une volonté d’industrialisation de la création.

Mais Leick n’exploite ici qu’un moyen technique et non

l’idée de reproduction à l’infini.

Il incite à réfléchir quant à l’aura de l’œuvre d’art et de

son effacement.

Les livres sont ainsi un partage.

Édités en quantités limitées, ils ne deviendront pas des

quantités négligeables.

La mémoire sera alors collective : elle ne sera réservée

qu’à un certain nombre de personnes qui la transmettront

à leur tour.

DSCF8770--1600x1200-.JPGLes grands monotypes des séries "Winter", "White",

"Plate"  et "Paisatges"  interrogent le spectateur sur

des détails des plus anodins.

Cette chaise -ultime barricade d’une Guerre des

boutons- enfouie dans la neige parait "morte".

Est-ce à cause de l’hiver ou en raison du paysage

urbano-industriel qui l’accompagne ? 

Le mur bleu de White est-il une intervention d’artiste

à l’image du Carré rouge de Gloria Friedmann à

Villars-Santenoge (Haute-Marne) ? "Vanités" nous

rappelant que tout est voué à la disparition ou

abstraction lyrique à la Miró : chacun pourra se

reconnaître dans cette recherche et dans les questions

qui en émergent...

Idéal et paradis sont ici à la fois fantasmés et subjectifs.

Chacun les adaptera à sa guise. Une photographie de

poitrine féminine imprimée sur une feuille transparente.

Lumineuse mais cristalline ... c’est alors un fantôme du

passé, un désir imaginé. L’idée se renforce avec l'herbe

posée au premier plan.

Mais le flou de cette dernière envisage que la rencontre

ne se fera jamais, ou alors pas en ce monde. 

C’est l’artiste qui, au travers de ses souvenirs les plus

intimes, devient le véritable sujet et l’enjeu de

l’esthétique.

Y accéder n’est pas tout à fait impossible.

DSCF8745--1600x1200-.JPGPrenez tour à tour un voile soulevé découvrant un

vague paysage, une fenêtre à la guirlande de lumière

blafarde, un visage se reflétant dans l’infini de l’eau

-un nouveau Narcisse ?

-, une plage de Normandie à la mer incertaine.

Ajoutez au tout un bruit sourd correspondant aux

vagues, au tissu qui se froisse, des rires, des silences.

Le tout engendre un rêve où la volupté du rendu sur

papier rend la séquence agréable à celui qui s’y

promène.

Un songe que nous avons tous connu.

C’est un nouveau "leporello", une pensée déroulée

et précieuse.

"La fin du monde" montre par sa préciosité que rien

n’est perdu.

Ces embrasements de portes et de fenêtres maintenant

bouchées de parpaings ne causent en rien l’oubli.

Il n’y a pas de néant.

Il n’y a que la trace d’une vie et d’une fierté passées.

DSCF8765--1600x1200-.JPGJoël Leick a créé d’un dur labeur une bulle dans

laquelle les secrets les plus personnels de l’humanité

toute entière vont prendre corps.

Cette bulle est plus probante encore dans ces cartes

postales de mauve encrées, accompagnées de mots

écrits de la main de Michel Butor.

Être sur terre ou au paradis, qu’importe, l’essentiel

reste le songe.

Et Joël Leick fait d’un rêve un paradis de papier.

"Renoncer à l’apparence des choses pour découvrir

une plus secrète signification de la réalité.

Le but de l’artiste est de mener le spectateur au cœur

même d’une réalité qu’il ignore. "

DSCF8772--1600x1200-.JPGCôté pratique :
Musée départemental du Sel, Porte de France à Marsal.

Ouverture du mardi au dimanche

de 9 H 30 à 12 H et de 13 H 30 à 18 H.
Plein tarif individuel : 5 €
Tarif réduit : 3,5 €
Pass Musée Georges de La Tour + Musée du Sel à Marsal : 6 €
Tarif de groupe (10 à 25 personnes) : 60 €
Gratuit pour les enfants de moins de 16 ans
Renseignements et réservations au

03 87 35 01 50.

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Published by Bruno Bronchain - RPL 89.2 - dans Conseil Général de la Moselle
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